De quoi se compose un devis
Tous les calculateurs de mur gratuits du web s’arrêtent à la spécification. Ce n’est pas un oubli : le fabricant qui les publie ne connaît ni votre prix d’achat, ni votre marge, ni vos conditions de garantie, ni votre taux de TVA – et ne les imprimerait pas s’il les connaissait.
La moitié commerciale est donc reconstruite, mal, dans un tableur, chez chaque distributeur. Ce guide est cette moitié mise par écrit : huit étapes dans un ordre fixe, et les trois endroits où le calcul cesse discrètement de tomber juste.
L’ordre compte. La remise s’applique après toutes les lignes, la TVA après la remise, et l’échéancier divise le total TTC. Changez l’ordre et vous changez le montant.
1. La ligne écran
Les caissons eux-mêmes, et le plus gros montant de la page. Il y a deux façons de l’écrire, et elles ne sont pas interchangeables :
- Au caisson. Quantité × prix du caisson. C’est aujourd’hui la norme : le fine pitch s’achète et se vend au caisson, et le prix au mètre carré n’est calculé qu’ensuite, pour comparer.
- Au mètre carré. Surface × prix au m². Toujours juste pour l’extérieur et la location, où les formats de caissons varient et où le métier raisonne en surface.
Si vous chiffrez au mètre carré, la surface doit garder une vraie précision. Un mur de 12,960 m² à 1 450 €/m² fait 18 792 €. Arrondissez d’abord la surface à 13 m² et vous avez chiffré 18 850 € – 58 € de marge cédés par une convention d’affichage. En interne, une surface mérite six décimales, même si personne ne veut les lire.
2. Votre coefficient
Le multiplicateur de marge, exprimé en pourcentage, 100 laissant le prix inchangé. Un coefficient de 148 transforme un caisson à 830 € en 1 228,40 €.
Trois niveaux, le plus précis l’emporte :
- Sur le produit – parce qu’un processeur et un caisson ne portent pas la même marge.
- Sur le projet – parce qu’un appel d’offres serré et un client fidèle non plus.
- Sur le compte – la valeur par défaut sur laquelle tout se replie.
Tranchez la priorité une fois, avant que le calcul commence. Un outil de devis qui vous demande quel coefficient s’applique vous a refilé son travail.
3. Le système de contrôle
En général une carte de réception par caisson, plus un processeur dimensionné sur la charge totale en pixels. Le nombre de cartes est la partie facile – c’est le nombre de caissons –, et c’est sur le processeur que les devis se trompent, car sa capacité se mesure en pixels, pas en caissons.
Un mur 4K de 36 caissons représente 8,3 mégapixels. Un mur de 36 caissons en 2,5 mm de même taille physique fait moins de 2 mégapixels et demande un processeur bien plus petit. Chiffrer le même contrôleur pour les deux, c’est soit laisser de l’argent sur la table, soit livrer un mur qui ne s’allume pas.
La redondance, si le projet l’exige, double à peu près le coût des cartes et du câblage – et elle est bien plus facile à inclure maintenant qu’à ajouter après coup.
4. Pièces de rechange et accessoires
Les modules et alimentations de rechange se chiffrent d’habitude en pourcentage de la ligne écran – en général un à deux pour cent – et sont souvent offerts en geste commercial, affichés à zéro pour que le client voie ce qu’il reçoit.
C’est sur les accessoires que les devis divergent le plus : structure de fixation, habillage, jeux de câbles, chariot de maintenance, mise en service, création de contenu, formation, transport et assurance. Rien de tout cela n’est facultatif dans la réalité, et la plupart manque dans le premier jet de tous les devis jamais rédigés.
5. Garantie
Le plus souvent un supplément en pourcentage de la ligne écran, par palier. Deux ans peuvent être inclus, trois ans coûter cinq ou six pour cent de plus, cinq ans davantage.
Calculez-la sur la ligne écran plutôt que sur le sous-total. Le client assure les caissons, pas le transport, et une garantie calculée sur le sous-total lui fait discrètement payer l’assurance de la mise en service.
6. Remise
Appliquée à l’ensemble du devis, une fois toutes les lignes totalisées. Deux choses rendent une remise sûre à accorder :
- Connaître le coût. Un devis qui vous montre votre propre bénéfice pendant que vous déplacez le curseur de remise vaut plus que n’importe quelle note de politique commerciale.
- Un plafond. Une remise maximale par utilisateur permet à un commercial de conclure sans demander la permission – et sans brader l’affaire.
7. TVA
Un pourcentage du total après remise. Une seule ligne, difficile à rater – et la première version d’easyLED l’a ratée pendant cinq ans en imprimant le total TTC sur la ligne intitulée « TVA ». Les clients l’ont remarqué. Mettez la TVA sur la ligne TVA, et le total sur la ligne total.
8. L’échéancier
Presque toutes les commandes LED sont fractionnées – couramment 40 % d’acompte et 60 % avant expédition, parfois avec une retenue jusqu’à la réception. L’échéancier porte sur le total TTC.
C’est l’étape la plus susceptible d’être visiblement fausse sur un devis imprimé, et c’est un problème d’arrondi, pas d’arithmétique. Voir ci-dessous.
Là où le calcul déraille
Trois défaillances, toutes trouvées dans de vrais tableurs de chiffrage, toutes évitables.
L’échéancier qui ne tombe pas juste
Prenez 40 % et 60 % de 56 762,53 €. Arrondis séparément, vous obtenez 22 705,01 € et 34 057,52 €, qui font 56 762,53 € – cette fois-ci. Sur bien des totaux, la somme fera un centime de plus ou de moins, et un client qui voit un devis dont les échéances ne redonnent pas le total remettra en cause tout le reste de la page.
La solution consiste à répartir plutôt qu’à multiplier : calculez chaque échéance sauf la dernière, puis faites absorber le reste par la dernière. L’échéancier est alors juste par construction.
La dérive des valeurs intermédiaires non arrondies
Si la ligne écran n’est pas arrondie au centime avant d’en tirer le pourcentage de garantie, et la garantie avant le sous-total, de minuscules erreurs de virgule flottante s’accumulent le long de la chaîne et ressortent en un total qui diffère d’un centime de ce que disent les lignes. Arrondissez à chaque étape, pas à la fin.
Des affirmations que le plan ne soutient pas
Un devis qui annonce « 16:9 » pour un mur qui fait en réalité 28:15 avance une affirmation que le client peut vérifier au mètre ruban. Imprimez le ratio réel du mur tel qu’il sera construit, et citez le format standard le plus proche à côté si cela aide – mais ne laissez pas l’étiquette commode remplacer le fait.
Ce que le devis doit contenir d’autre
La chaîne commerciale est la partie qui doit être juste. Le reste est la partie qui fait signer le devis :
- Un plan à l’échelle du mur à côté d’une silhouette humaine. Rien ne répond plus vite à « est-ce aussi grand que je le pense ? ».
- La fiche technique – résolution, surface, poids, puissance, chaleur, distance de vision – pour que l’électricien et le bureau d’études structure du client puissent travailler à partir de votre document.
- Un numéro de devis selon une numérotation que vous maîtrisez, pour que la discussion sur les révisions ait une référence.
- Validité et délai de livraison. Les prix LED bougent ; un devis sans date d’expiration est un risque.
- Ce qui est exclu. Génie civil, alimentation électrique jusqu’au mur, réseau, contenu. Les nommer n’a rien de défensif : c’est la différence entre un avenant et un litige.
easyLED PRO réalise toute la chaîne à partir de votre propre catalogue et imprime les deux documents à vos couleurs – et cette page présente un vrai exemple chiffré, calculé au build par le même moteur plutôt que saisi à la main.